PFAS en Suisse en 2026 : l'état des lieux, région par région

October 14, 2026
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L’eau du robinet reste sûre partout en Suisse : les valeurs maximales en vigueur sont respectées. Les PFAS sont pourtant présents dans plus de 99 % des sols analysés, et le TFA dans presque toutes les eaux souterraines. Certaines régions sont plus touchées, comme la Suisse orientale, le Valais et le Tessin. La Confédération prépare des valeurs plus strictes.

En bref

  • Eau potable. Les valeurs maximales en vigueur sont respectées. Dans le canton de Bâle-Campagne, les 101 échantillons analysés en juin 2026 étaient tous conformes.
  • Sols. Une étude réalisée pour l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a trouvé des PFAS dans plus de 99 % des 1070 échantillons de sol prélevés dans 15 cantons (mars 2026).
  • TFA. C’est la substance chimique artificielle la plus répandue dans les eaux souterraines suisses, selon l’OFEV. La Suisse n’a pas encore de valeur limite pour le TFA.
  • Régions plus touchées. Suisse orientale (anciennes boues d’épuration), Valais (sites industriels et mousses anti-incendie), Tessin (chantier du tunnel du Ceneri).
  • Règles. La consultation fédérale sur des valeurs plus strictes s’est terminée le 18 septembre 2026.

Chez Culligan, le Click & Drink Intense filtre l’eau du robinet au charbon actif. Il réduit notamment les PFAS, le chlore et les pesticides, avec des performances contrôlées par des laboratoires indépendants. Nous ne revendiquons aucun effet sur le TFA.

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Que sont les PFAS et le TFA ?

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, forment une famille d’au moins 12 000 composés chimiques de synthèse. Ils rendent les produits déperlants, antiadhésifs et résistants aux taches, à la graisse et à la chaleur. Comme ils ne se dégradent presque pas, on les surnomme polluants éternels (forever chemicals en anglais). Ils peuvent s’accumuler dans l’environnement ainsi que dans les tissus humains et animaux. Certaines PFAS peuvent diminuer l’efficacité des vaccins et avoir des effets néfastes sur le foie, le taux de cholestérol ainsi que le poids des nouveau-nés à la naissance. Une partie de ces substances sont également associées à un risque accru de certains types de cancers.

Ils arrivent dans l’environnement de deux façons. Une partie se diffuse partout, par la pluie, les objets du quotidien ou certains pesticides. Une autre vient de sites précis : places d’exercice des pompiers où l’on utilisait des mousses anti-incendie, sites industriels, décharges, stations d’épuration.

Le TFA (acide trifluoroacétique) est le plus petit PFAS. Il se forme quand d’autres PFAS se dégradent. Selon l’OFEV, il provient surtout des fluides réfrigérants et des gaz propulseurs, ainsi que de certains produits phytosanitaires. Très mobile, il passe facilement dans l’eau.

Le PFOS et le PFOA, les deux PFAS les plus connus et considérés comme les plus dangereux, sont interdits en Suisse et dans l’Union européenne. On les retrouve pourtant encore dans l’environnement, justement parce qu’ils ne disparaissent pas.

Peut-on boire l’eau du robinet ?

La réponse est oui. Selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), l’eau potable suisse peut être consommée sans risque, d’après les connaissances scientifiques actuelles. Les distributeurs doivent garantir qu’elle respecte toutes les exigences légales.

Les mesures récentes vont dans ce sens :

  • Au niveau national, la campagne des chimistes cantonaux de 2023 a analysé 564 échantillons d’eau potable. Plus de la moitié ne contenaient aucun PFAS. Aucun ne dépassait les valeurs suisses, mais cinq dépassaient la valeur européenne, plus stricte.
  • À Bâle-Campagne, les 101 échantillons prélevés en juin 2026 auprès des 83 distributeurs du canton respectaient tous les valeurs en vigueur. Trois distributeurs dépasseraient toutefois la future valeur proposée pour quatre PFAS particulièrement critiques.
  • À Genève, les teneurs en PFAS de l’eau potable ne dépassent pas 0,01 microgramme par litre (µg/l), très largement sous les valeurs maximales.

Et le TFA ? Il est présent partout. À Bâle-Campagne, tous les échantillons en contenaient, entre 0,35 et 2,9 µg/l, des valeurs comparables au reste de la Suisse selon le canton. Il n’existe pas encore de valeur limite suisse. À titre de comparaison, le Danemark a fixé une valeur maximale de 9 µg/l et l’Allemagne une valeur indicative de 60 µg/l.

Quelle est la situation dans chaque région ?

Les PFAS sont présents partout, mais pas au même niveau. Les fortes concentrations se trouvent surtout près de sources précises : anciennes boues d’épuration, sites industriels, places d’exercice des pompiers, grands chantiers.

  • Genève. Eau potable à 0,01 µg/l au maximum. Le canton recense les places de jeux publiques et prévoit des investigations dès 2027 là où jouent de jeunes enfants. Source : Canton de Genève (juin 2026).
  • Vaud. Du TFA dans 96 % des stations d’eaux souterraines analysées entre 2018 et 2022. À Lausanne, des sols pollués sur un centre de formation des pompiers, sans impact sur les captages d’eau potable. Source : Canton de Vaud, Ville de Lausanne.
  • Valais. Cinq secteurs d’eaux souterraines pollués en aval de sites industriels et de places d’exercice des pompiers : Collombey-Muraz, Monthey, Evionnaz, Viège et Grône. Près de 190 autres sites pourraient être concernés. Source: Canton du Valais.
  • Bâle-Campagne. Eau potable conforme partout. Dans le bas Ergolztal, le TFA est passé de plus de 20 à moins de 3 µg/l grâce aux mesures prises avec une entreprise chimique. Source: Canton de Bâle-Campagne (août 2026).
  • Saint-Gall et Appenzell. Sols pollués par d’anciennes boues d’épuration, interdites comme engrais depuis 2006. La viande de plusieurs fermes saint-galloises dépassait les valeurs légales. En Appenzell Rhodes-Extérieures, le lait d’environ un tiers des fermes testées dépassait la valeur indicative européenne. SRF (mars et avril 2026).
  • Tessin. Nappe contaminée à Chiasso et pollution au PFBA liée au chantier du tunnel ferroviaire du Ceneri. Accumulation de PFAS dans des poissons des lacs de Lugano et Majeur. L’eau distribuée est filtrée au charbon actif là où c’est nécessaire. Source: RSI (2025), laRegione.
  • Régions de montagne. Les sols les moins contaminés se trouvent au-dessus de 1000 mètres. Dans les Alpes, le TFA reste sous 0,6 µg/l dans les eaux souterraines. Source: OFEV (mars et avril 2026).

Une pollution des sols ou des eaux souterraines ne signifie pas que l’eau du robinet est touchée. Les distributeurs contrôlent l’eau qu’ils livrent et la traitent si nécessaire, comme au Tessin.

Sommes-nous tous exposés ?

La réponse est oui. En 2026, une étude coordonnée par Unisanté et mandatée par la Confédération a trouvé des PFAS dans le sang des 630 adultes testés dans les cantons de Vaud et de Berne. Elle établit un lien net avec l’alimentation, en particulier la consommation de poisson. Les personnes âgées et les hommes sont plus exposés.

Que contiennent nos aliments ? L’alimentation est la principale source d’exposition. Les contrôles officiels sont globalement rassurants, avec quelques nuances :

  • Viande, poisson et œufs. Fin 2025, les cantons ont analysé près de 900 échantillons. Moins de 1 % dépassait les valeurs maximales légales.
  • Lait. La Suisse n’a pas encore de valeur maximale légale pour le lait. Au niveau national, deux échantillons sur 86 dépassaient la valeur indicative européenne en 2025. Les résultats très élevés d’Appenzell Rhodes-Extérieures restent des exceptions selon les connaissances actuelles, d’après SRF.
  • Fromage. Il contient en général davantage de PFAS que le lait, car les PFAS se concentrent dans les produits riches en graisses.

Que fait la Suisse ?

Elle révise ses valeurs maximales. Voici les étapes clés, de la plus récente à la plus ancienne.

18 septembre 2026. Fin de la consultation fédérale sur les nouvelles règles.
27 mai 2026. Ouverture de la consultation. La Confédération propose deux valeurs pour l’eau potable : 0,1 µg/l pour la somme de 20 PFAS, comme dans l’Union européenne, et 0,02 µg/l pour quatre PFAS particulièrement critiques. Le projet prévoit aussi une exception temporaire pour les denrées qui dépassent les valeurs maximales.
Avril 2026. La Confédération veut imposer aux cantons des contrôles et des interdictions de vente pour la viande trop contaminée.
Mars 2026. Une étude réalisée pour l’OFEV confirme la présence de PFAS dans plus de 99 % des sols analysés.
Décembre 2025. La Confédération reporte l’alignement sur les valeurs européennes prévu au 1er janvier 2026.
Février 2024. Entrée en vigueur de valeurs maximales pour certains PFAS dans la viande, le poisson et les œufs.

Les nouvelles valeurs pour l’eau potable ne sont pas encore décidées. Nous mettrons cet article à jour dès la décision du Conseil fédéral.

Comment limiter son exposition aux PFAS ?

On ne peut pas éviter complètement les PFAS. Quelques repères simples réduisent toutefois l’exposition.

  1. Demandez les analyses de votre distributeur d’eau. Selon l’OFEV, c’est auprès de lui que l’on obtient les informations sur la qualité de l’eau potable. Plusieurs cantons, comme Zurich, publient aussi leurs mesures en ligne.
  2. Variez votre alimentation. Inutile de renoncer au poisson : la chercheuse d’Unisanté Murielle Bochud conseille plutôt d’éviter d’en manger tous les jours et de varier les espèces et les provenances.
  3. Limitez les denrées préemballées, conseille la Fédération romande des consommateurs (FRC).
  4. En cuisine, choisissez des alternatives aux poêles antiadhésives, ou limitez leur usage. Des papiers cuisson sans PFAS existent.
  5. Pour les vêtements et les cosmétiques, privilégiez les produits annoncés sans PFAS et évitez le waterproof. Sachez que l’étiquette n’est pas une garantie : dans un test de la FRC, des vestes « sans PFC » en contenaient.
  6. Suivez les informations de votre canton si vous vivez dans une région plus touchée ou si vous exploitez une ferme.

Vous avez des questions ? Contactez nos experts pour une solution adaptée à votre logement ou à votre entreprise.

Faut-il filtrer l’eau du robinet ?

Ce n’est pas nécessaire pour votre santé, selon les autorités. C’est une question de goût, de confort et de tranquillité d’esprit.

Ce qu’un filtre peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire :

  • Le charbon actif réduit certains PFAS. Selon l’OFEV, des PFAS comme le PFOS peuvent être retenus par le charbon actif. C’est d’ailleurs la technique utilisée par certains distributeurs, par exemple au Tessin.
  • Il ne retient pas le TFA. Selon le canton de Bâle-Campagne, cette très petite molécule n’est pas retenue par le charbon actif.

Avant de choisir un filtre, posez trois questions :

  1. A-t-il été testé sur les PFAS par un laboratoire indépendant ?
  2. Combien coûtent l’entretien et le remplacement des cartouches ?
  3. Qui s’occupe de l’installation et du suivi ?

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Sources

OSAV, page PFAS (mise à jour le 27 mai 2026)

Conseil fédéral, ouverture de la consultation (27 mai 2026)

OFEV, TFA dans les eaux souterraines (30 avril 2026, en allemand)

La Télé (ATS), PFAS dans plus de 99 % des sols suisses (mars 2026)

Canton de Bâle-Campagne, rapport PFAS dans l’eau potable (6 août 2026, en allemand)

Canton de Genève, « Les PFAS au quotidien » (juin 2026)

Canton de Vaud, PFAS et TFA dans les eaux souterraines 2018-2022

Ville de Lausanne, point sur les PFAS

Canton du Valais, communiqué sur les sites pollués

SRF, le lait en Appenzell Rhodes-Extérieures (26 mars 2026, en allemand)

SRF, la viande et les œufs (14 avril 2026, en allemand)

SRF, report de l’alignement sur l’UE (12 décembre 2025, en allemand)

RSI, contamination diffuse au Tessin (2025, en italien)

laRegione, PFAS dans l’eau potable tessinoise (en italien)

RTS, étude d’Unisanté sur l’exposition de la population (2026)

RTS, fin de la consultation sur le projet fédéral (18 septembre 2026)

FRC, dossier « PFAS : les polluants éternels » (2026)

Questions fréquentes sur les PFAS en Suisse

Oui, vous pouvez continuer à la boire sereinement. Selon l’OSAV, les valeurs en vigueur sont respectées. Lorsqu’une nappe est polluée localement, votre distributeur traite l’eau avant qu’elle n’arrive chez vous.

Les principaux secteurs connus se situent en Suisse orientale (Saint-Gall, Appenzell), dans la plaine du Rhône en Valais et au Tessin. Pour connaître la situation de votre commune, adressez-vous à votre distributeur d’eau : il est le mieux placé pour vous transmettre ses résultats d’analyse.

Les connaissances évoluent : en 2026, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a recommandé de classer le TFA comme toxique pour la reproduction, et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a abaissé la dose journalière tolérable. Les valeurs mesurées à Bâle-Campagne restent sous les seuils fixés au Danemark et en Allemagne.

Non, il n’est pas nécessaire de les supprimer de votre alimentation. Le meilleur réflexe consiste à varier : les aliments, les espèces de poissons et leurs provenances.

Le charbon actif peut réduire certains PFAS, comme le PFOS, mais il ne retient pas le TFA.

Les nouvelles valeurs ne sont pas encore décidées. La consultation fédérale s’est terminée le 18 septembre 2026.

Trois gestes simples suffisent pour commencer : demander les analyses de votre distributeur d’eau, varier votre alimentation et limiter les denrées préemballées. Pour toute question sur l’eau de votre logement ou de votre entreprise, nos experts sont à votre écoute.